X and Coldplay, Le Premier Forum Francophone
Bonjour,

Le forum xandcoldplay a déménagé. Désormais retrouvez la communauté à l'adresse http://coldplayer.fr/forum

Les Admins



 
AccueilAccueil  PortailPortail  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez | 
 

 Chroniques

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
AuteurMessage
rouz
Admin
Admin


Masculin
Date d'inscription : 03/10/2006

MessageSujet: Chroniques   Jeu 9 Avr - 14:21



Ágætis Byrjún




Ce disque a dû être enregistré pendant la longue nuit australe ou, au
contraire, dans cette atmosphère trouble du jour éternel, quand à une
heure du matin, une lueur sourde donne aux paysages des allures
fantomatiques. On imagine mal qu'il en soit autrement, tant ces douces
plaintes orchestrées évoquent la déstabilisation des sens trompés par
ces étirements interminables des jours et des nuits. Jonsi chante d'une
voix androgyne un mélange d'islandais et d'un langage inventé
(rassurez-vous, on ne perçoit que vaguement la différence), le groupe
vénère les orgues profonds, les violons en longues nappes, les guitares
noyées d'écho, les sonorités à la fois carillonnantes et étouffées.
D'ailleurs, il aurait été étonnant que Sigur Rós ne joue pas en concert
sur fond d'images des paysages sauvages de l'île. Pink Floyd (la bonne
période), quelques groupes gothiques, psychédéliques ou post-rock, on
pourrait lancer pas mal de références plus ou moins évidentes, qui
n'auraient qu'un seul point commun : l'amour des structures étirées et
enveloppantes qui cherchent à nous replonger dans le liquide amniotique
protecteur dont nous sommes tous issus, quand notre seul job était de
nous laisser nourrir, rêver et, pourquoi pas, méditer. Malgré les
apparences, Sigur Rós ne sort pas de nulle part. Deux albums sont déjà
sortis en Islande depuis 1997 (le second étant un remix du premier, il
est vrai), et Ágætis Byrjun est paru l'an dernier sur l'île, où il
atteint la première place des charts (les Islandais ne sont pas très
nombreux, mais un peu particuliers, ne l'oublions pas). En fait, le
disque compile les deux premiers singles distribués en France, et ne
leur adjoint que peu de titres complémentaires (le formidable
Starálfur). Tous ceux qui ne les possèdent pas déjà pourront succomber
à une belle musique crépusculaire, dont les défauts mineurs seraient un
zeste de complaisance et un manque de mélodies fortes, à l'exception
des très remarquables Starálfur et Hjartad Hamast.

( )




( ), voilà un titre pour le moins original et nébuleux pour un album qui est la pierre devant succéder à Agaetis Birjun dans la construction d'un édifice musical sans commune mesure avec ce que l'on peut entendre ailleurs. ( ),
soit 8 pépites à l'émotion brute et sans titre puisque chaque morceau
est désigné par son numéro de piste ("track 1", "track 2".). De quoi
rendre plus délicate la tâche de chroniquer un album pourtant largement
à la hauteur de son prédécesseur.
Atmosphériques et planants, les morceaux de ce disque sont tels des
songes tantôt pop, tantôt légèrement plus éléctro contemplatifs et
mélancoliques. Que ce soit au clavier, grâce au jeu tout en retenue de
Kjartan "Kjarri" Sveinsson, ou à la guitare acoustique, les huit titres
que recèle cet opus laissent une large place aux passages
instrumentaux.
Quand la voix de Jón "Josi" Birgisson vient se poser sur les morceaux,
c'est pour chanter en "hopelandic", une langue spécialement inventée
par les quatre islandais (dès leur premier opus Von)
afin que chaque auditeur puisse comprendre par lui-même la
signification des paroles. Une démarche d'une rare originalité, en
marge de toute logique mercantiliste, alors que le groupe arrive
pourtant à faire salle comble lors de leurs concerts. Une volonté
affichée de la part des membres de Sigur Ros de ne privilégier que leur musique et l'émotion qu'elle procure. Rien de plus, mais c'est déjà beaucoup.
Extrêmement homogène, ( )
est un rêve éveillé, une quête d'absolu que nous propose un quatuor
d'hommes venus d'une petite île du Nord, un voyage sans fin et
intemporel inspiré par les paysages de leur Islande natale. Huit
morceaux pour plus d'une heure dix de musique d'une beauté
incomparable, épurée, poignante, à fleur de peau... On pouvait croire
ça impensable avoir de l'avoir écouté, et pourtant ce nouvel album est
au final largement du même niveau, sinon supérieur à Agaetis Birjun, son prédécesseur. Fermez les yeux quelques secondes et laissez-vous emporter par la douceur mélodique de la musique de Sigur Ros, un groupe au talent pur et sans limites.


Takk...





Les membres de Sigur Rós n'ont pas chômé depuis (), troisième album
paru en 2002, multipliant les collaborations et projets excitants. Les
Islandais ont ainsi composé la bande-son de Split Sides, création du
chorégraphe américain Merce Cunningham. Fragile et inventive, la
musique était jouée chaque soir en live, plaçant le groupe dans une
posture dont on l'imagine friand : en retrait, dans la fosse, loin des
regards tournés vers les danseurs. Puis on retrouvait Sigur Rós en
backing band de luxe sur l'indispensable dernier album de The Album
Leaf, In A Safe Place (2004). Entre 2002 et 2OO4, le collectif trouvait
encore du temps pour monter le colossal spectacle Odin's Raven Magic,
avec un choeur, un orchestre et un marimba géant conçu par ses soins.
On espérait que ces expériences incroyables viendraient nourrir un
nouvel album différent, mais il faut bien s'y résoudre : Takk ressemble
en tout point à ses grands frères. Soit un disque sublime et
merveilleux par éclats, mais épuisant sur la longueur. Les Islandais ne
sont pas de grands compositeurs et cèdent bien souvent à la facilité
(morceaux répétitifs et délayés avec crescendo de rigueur, mélodies qui
dissimulent leurs faiblesses derrière une instrumentation imposante).
Et pourtant, beaucoup de chansons tiennent debout et touchent au coeur,
comme Gong (rythmique roulante et guitare acérée), Glosoli ou
Hoppipolla (ces titres, quand même). Toutes bénéficient d'un sens inouï
de la mise en son et d'une instrumentation d'une richesse stupéfiante.
Parfois, un moment de grâce passe en étoile filante dans un morceau
quelconque (la fin de Hufupukar, avec son concert de glockenspiel puis
ses cordes et cuivres). Parfois, il ne se passe rien.


Med Sud I Eyrum Vid Spilum Endalaust





Il ne faut jamais dire jamais. Car voilà un groupe, déjà auteur de quatre albums depuis 1997, qui ne nous a JAMAIS intéressés, et encore moins passionnés. En une ouverture digne d’Animal Collective en islandais dans le texte (le single Gobbledigook, avec son clip digne d’un remake des Idiots de Lars Von Trier) et un tube absolu (Inní Mér Syngur Vitleysingur, avec une montée orchestrale à la Sufjan Stevens), Sigur Rós sidère par sa joyeuseté insoupçonnée. Ce début incroyable n’est que l’ébauche d’un émerveillement (quasi) total. Déployant des trésors d’inventivité, le groupe de Jón Thor Birgisson est épaulé ici par un casting impressionnant :l’orchestre London Sinfonietta sur un titre (Ára Bátur, à vous filer la chair de poule), ses compatriotes féminines d’Amiina aux arrangements de cordes et l’insigne Flood à la production. Tout ce beau monde est au service de Med Sud í
Eyrum Vid Spilum Endalaust
, autrement dit dans une langue plus
internationale que ce “volenska” créé
par Birgisson lui-même, With A Buzz In Our Ears We Play Endlessly. Un beau titre pour ce disque enregistré aux quatre coins de la planète (New York, Londres, Reykjavík, La Havane), qui fleure autant la nuit blanche (la caresse Gódam Daginn) que le soleil diurne (le réveil Vid Spilum Endalaust). Même lorsque Sigur Rós retombe, par endroits (le premier tiers des neuf minutes de Festival, la complainte Illgresi), dans sa méditation subaquatique popularisée par l’hymne Svefn-g-Englar, il se relève aussitôt pour signer une nouvelle splendeur. Comme quoi, en délaissant les guitares noyées dans la réverbération pour une tonalité plus organique, Sigur Rós a gagné en limpidité mélodique et s’est libéré d’un carcan, à l’image de la pochette illustrée par le Ryan McGinley, célèbre photographe spécialisé dans le nu. À l’impossible, Sigur Rós est désormais te-nu.

_________________
If I had a hat on I'd take it off to Coldplay.
Revenir en haut Aller en bas
rouz
Admin
Admin


Masculin
Date d'inscription : 03/10/2006

MessageSujet: Re: Chroniques   Sam 11 Avr - 2:20


_________________
If I had a hat on I'd take it off to Coldplay.
Revenir en haut Aller en bas
viveleraf
Viva La Vida Or Death And All His Friends
Viva La Vida Or Death And All His Friends


Féminin
Age : 31
Localisation : Rodez (Aveyron)
Date d'inscription : 28/02/2010

MessageSujet: Re: Chroniques   Mar 6 Avr - 19:32

Sur la dernière vidéo datant de 1998, on peut y voir Agust, le premier batteur du groupe
Revenir en haut Aller en bas
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Chroniques   Aujourd'hui à 23:22

Revenir en haut Aller en bas
 
Chroniques
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» Skalpel"Chroniques de la guerre civile" New album
» Chroniques d'Outre-Tombes (zine, #3 bientôt dispo)
» Psi Factor, chroniques de l'étrange
» Les Chroniques du Sabbat Noir
» CHRONIQUES DE PRESSE sur l'album LOVE LUST FAITH + DREAMS

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
X and Coldplay, Le Premier Forum Francophone :: LET'S TALK :: Sigur Ros :: Discographie-
Sauter vers: